Les tensions entre chauffeurs de taxis et de VTC à Moûtiers, en Savoie, connaissent une montée inquiétante. Mercredi, des conducteurs se sont rassemblés devant la préfecture pour exprimer leur colère après l’incendie de trois véhicules dans la nuit de lundi à mardi. Ils dénoncent une concurrence qu'ils jugent déloyale, principalement de la part des chauffeurs de plateformes numériques.
Cette mobilisation fait suite à un épisode de tension dans cette petite commune de 3 400 habitants. Lors de la nuit du 11 au 12 février, des véhicules ont été incendiés, exacerbant les craintes des professionnels du secteur. "On se demande si on va continuer à travailler de nuit dans les stations", confie un chauffeur lors de la manifestation. Les participants dénoncent des menaces quotidiennes de violence et de destruction, illustrées par des propos alarmants : "On va vous mitrailler à la kalachnikov", a précisé Sébastien Dumarais, président de la chambre syndicale des taxis de Savoie.
Les manifestants soulignent que la situation s'est aggravée à cause des pratiques jugées agressives des chauffeurs utilisant des applications comme Uber ou Bolt. À la différence des taxis, qui doivent opérer via des réservations, ces chauffeurs n’hésitent pas à "racoler" des clients au bord des routes, provoquant ainsi une situation inéquitable.
Guillaume Leger Grain, un représentant de VTC, déplore : "Nous qui travaillons sur réservations, nous devons attendre que le téléphone sonne alors que d'autres se servent de méthodes plus directes." Cette bataille pour la clientèle, surtout au niveau des stations de Tarentaise, intensifie les ressentiments entre les acteurs du même secteur.
Les chauffeurs n'ont pas seulement exprimé leur mécontentement; ils ont également formulé des demandes claires lors de leur rencontre avec le préfet. Ils veulent que la réglementation soit rigoureusement appliquée, y
